Beaux contes européens pour vos enfants

QuaranteQuatreBZH

Branleur sous pseudo
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Bonjour,
Aujourd'hui, j'aimerais évoquer un pan de notre culture européenne tellement important que même les adultes gagneraient à les redécouvrir : les contes européens. Je me bornerai pour ce premier message à citer les trois (ou quatre, ça dépend comment vous voyez les choses) auteurs les plus connus, mais bien entendu libre à vous de compléter par la suite.

Charles Perrault : On ne sait pas forcément que les contes de Perrault ne sont qu'une portion infime de sa vie et de sa carrière, rédigée sur le tard. Il attribua la paternité des contes en prose à son fils Pierre.
Cela dit, tachez de trouver un beau recueil intégral, éventuellement agrémenté des illustrations de Gustave Doré. À titre informatif, et pour vous éviter d'acheter une édition tronquée alors qu'il y a déjà si peu de textes, les Contes de ma mère l'Oye sont les suivants :

EN VERS :
• Les souhaits ridicules
• Peau d'Âne

EN PROSE :
• La Belle au Bois Dormant
• Le Petit Chaperon Rouge (cette version devrait d'ailleurs être la seule à faire autorité, très honnêtement vous pouvez sauter celle des Frères Grimm, sauf à vouloir se livrer à un travail de comparaison)
• La Barbe Bleue
• Le Maître Chat ou le Chat Botté
• Les fées
• Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre
• Riquet à la Houppe
• Le Petit Poucet

À noter : La version de Peau d'Âne en prose que l'on peut parfois voir retranscrite n'est pas de Perrault ; et parfois les recueils incluent la nouvelle en vers Griselidis. Si ce n'est pas un conte à proprement parler, cette nouvelle de Perrault a tout-à-fait sa place dans un recueil de ses contes, donc il peut être intéressant d'essayer de trouver un recueil l'incluant.

Si je ne sais pas quelle édition des contes de Perrault pourrait faire autorité, c'est qu'il y en a trop et que celles en ma possession sont déjà trop anciennes pour être rééditées. Par contre je sais quoi vous dire pour les auteurs qui suivent, à commencer par un célèbre danois.

Hans Christian Andersen : L'homme a écrit des centaines de contes (principalement, comme tout le reste de son œuvre, dans l'objectif égocentrique d'être le plus connu possible, et il faut bien avouer qu'il a réussi son coup), et la solution la plus simple pour avoir une intégrale sous la main est non seulement onéreuse, mais n'est pas à mettre entre des mains trop enfantines. Il me semble pourtant important de recommander le premier volume des Œuvres d'Andersen à la Pléiade. La traduction très fidèle de chaque conte devrait faire autorité. On notera qu'une illustration de l'époque d'Andersen a été retenue pour chaque conte.

Les valeurs d'Andersen sont, dans le fond, très ancrées dans la foi chrétienne, et pour résumer sa pensée sur les juifs (parce qu'il en est bien question), ces derniers devraient très sérieusement arrêter et devenir chrétiens. Andersen est également très préoccupé par la question de l'après-vie. Si ces valeurs vous correspondent, Andersen est pour vous ; sinon, vous feriez bien d'opérer un premier tri avant de lire des contes à vos enfants.

Les frères Grimm : Même si je ne suis pas d'accord avec leur vision du Petit Chaperon Rouge, leur vision du Juif devrait en revanche rester dans les annales, et c'est pourquoi j'ai le plaisir de vous offrir, découpé en deux messages ci-dessous parce qu'il y a une limite de caractères, un extrait de leur œuvre, bizarrement non-publié de leur vivant (je me demande bien pourquoi, il est vraiment très bien ce conte) .

Les frères Grimm, en rédigeant leurs recueils de contes, n’avaient certes pas les mêmes objectifs qu’un Andersen ou qu’un Perrault. Eux sont allés à la recherche de la tradition, ont interrogé des conteuses et récupéré de leurs bouches le contenu qu’ils ont ensuite gravé pour l’éternité sur papier. Ce travail formidable leur valut d’ailleurs notamment une belle renommée dans la SS.
Il n'existe qu'une seule édition intégrale en un volume, aux éditions Corti ; traduction par Natacha Rimasson-Fertin.

Pour Andersen et pour les frères Grimm, il convient de rester prudent à quelle édition on touche, puisque bien souvent on trouvera des éditions tronquées ou adaptées, et ce genre de travail devrait très sérieusement être jeté au feu ou recyclé.

Bonus : Délectez-vous donc du magnifique ouvrage des « Fables de La Fontaine illustrées par des maîtres de l'estampe japonaise » ; si ce n'est pas un recueil intégral il faut au moins reconnaître l'immense qualité des estampes venant l'agrémenter.
 

QuaranteQuatreBZH

Branleur sous pseudo
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Le Juif dans les épines

Il était une fois un homme riche qui avait à son service un valet de ferme honnête et travailleur. Tous les jours, il était le premier levé et le dernier à se coucher le soir et, quand il se présentait une tâche difficile à laquelle personne ne voulait se frotter, il était toujours le premier à s'en charger. De plus, jamais il ne se plaignait, bien au contraire, il était toujours satisfait de tout et toujours joyeux. Au bout d'un an, son maître ne lui donna pas son salaire en se disant : « C'est ce qu'il y a de plus raisonnable : cela me permet de faire quelques économies et comme ça, il ne me quittera pas et restera bien gentiment à mon service. » Quant au valet, il ne dit rien, travailla une deuxième année comme il l'avait fait la première et quand, de nouveau, on ne lui donna pas de salaire, il n'en laissa rien paraître et resta encore au service de son maître. Quand vint la fin de la troisième année, le maître réfléchit, puis plongea la main dans sa poche mais sans rien en sortir. Ce n'est qu'alors que le valet de ferme s'enhardit et lui parla ainsi : « Maître, je vous ai servi honnêtement pendant trois ans, soyez bon et donnez-moi ce qui me revient de droit : je voudrais vous quitter et continuer de voir le monde. » L'avare lui répondit : « Oui, mon bon valet, tu m'as servi sans te rebuter, et tu en seras bien récompensé. » Il mit de nouveau la main à sa poche et en ressortit, un par un, trois hellers qu'il donna au valet : « Tiens, voilà un heller pour chaque année. C'est un salaire élevé, que tu aurais gagné chez peu de maîtres. » Le bon valet, qui n'avait aucune idée de la valeur de l'argent, empocha son capital en se disant : « À présent que tes poches sont pleines, pourquoi te tuerais-tu au travail plus longtemps ? »
Il partit donc, par monts et par vaux, marchant avec entrain et chantant. Il se trouva qu'au moment où il passait devant un buisson, un petit homme en sortit et l'interpella :
-Ohé, gai luron, où vas-tu comme cela ? Tu as bien peu de soucis, à ce que je vois.
-Pourquoi donc devrais-je être triste ? lui répondit le valet de ferme. Mes poches sont pleines et j'ai dedans, en pièces sonnantes et trébuchantes, le salaire de trois années de travail.
-Et combien as-tu donc dans ton trésor ? demanda le petit homme.
-Combien ? Trois bon hellers, bien comptés.
-Écoute, lui dit le nain. Je suis un pauvre homme, dans le besoin. Fais-moi cadeau de tes trois hellers : je ne peux plus travailler, moi, mais toi, tu es jeune et tu n'auras aucun mal à gagner ton pain.
Et comme le valet avait bon coeur et qu'il avait pitié du petit homme, il lui tendit ses trois hellers en lui disant : « Prends-les, pour l'amour de Dieu, ils ne me manqueront pas. » Le petit homme lui répondit alors :
-Comme je vois que tu as bon coeur, je t'accorde trois voeux qui se réaliseront, un pour chaque heller.
-Ah, dit le valet, je vois que tu es du genre à en conter de belles. Très bien, puisqu'il en est ainsi, je souhaite tout d'abord avoir une sarbacane qui touche tout ce que je viserai, ensuite, un violon qui est ainsi fait que lorsque j'en jouerai, tous ceux qui l'entendront seront obligés de danser ; et troisièmement, je veux que lorsque je demanderai quelque chose à quelqu'un, il n'ait pas le droit de me le refuser.
-Tu auras tout cela, répondit le petit homme. Puis il mit la main dans le buisson et, qui l'eût cru, le violon et la sarbacane y étaient tout prêts, comme si on les eût commandés.
Il les tendit au valet de ferme en lui disant : « Toutes les choses que tu demanderas, quelles qu'elles soient, personne au monde ne pourra te les refuser. »
« Mon coeur, que désires-tu maintenant ? » se dit le valet à lui-même et il poursuivit gaiement son chemin. Peu de temps après, il rencontra un Juif avec une barbichette, qui était là, debout, à écouter le chant d'un oiseau perché tout en haut d'un arbre.
-Bonté divine ! s'exclama-t-il, dire qu'un si petit animal a une voix aussi puissante ! Ah, s'il était à moi ! Si quelqu'un pouvait l'attraper !
-Si ce n'est que ça, dit le valet de ferme, l'oiseau sera bientôt en bas.
Il visa et le toucha exactement, et l'oiseau tomba dans les haies d'épines.
-Vas-y, coquin, dit-il au Juif, tu peux aller chercher l'oiseau.
-Il est à moi ! dit le Juif. Tout vient à point à qui sait attendre. Maintenant que vous avez touché l'oiseau, je vais aller le chercher.
Et il se mit à plat ventre sur le sol et commença à se frayer un chemin à travers les buissons. Quand le Juif fut au milieu des épines, la méchanceté s'empara du bon valet qui décrocha son violon et commença à jouer. Le Juif se mit aussitôt à lever les jambes et à sauter en l'air et, plus le valet jouait, plus la danse était rapide. Mais les épines déchiraient son habit élimé, décoiffaient sa barbichette et piquaient et pinçaient son corps. « À moi ! cria le Juif, comme il m'agace avec son crincrin ! Qu'il cesse donc de jouer, je n'ai pas envie de danser. » Mais le valet ne l'écouta pas et se dit : « Tu as bien assez volé les gens ! À présent, c'est à la haie d'épines de te donner une leçon. » Et il se remit à jouer de plus belle, obligeant le Juif à faire des bonds de plus en plus hauts, si bien que des lambeaux de son habit restaient accrochés aux piquants.
-Oh, là là ! cria le Juif. Je donnerai à monsieur tout ce qu'il désire, pourvu qu'il cesse de jouer, par exemple une bourse pleine d'or.
-Puisque tu es si généreux, j'accepte d'interrompre ma musique. Mais je ne manquerai pas de dire du bien de ta danse. Et tu verras, je te ferai encore danser mieux que ça !
Puis il prit la bourse et s'en alla.
 

QuaranteQuatreBZH

Branleur sous pseudo
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Quant au Juif, il resta là à le regarder en silence, et ce n'est que lorsque le valet fut loin et qu'il l'eut complètement perdu de vue qu'il se mit à crier de toutes ses forces : « Misérable musicien, violoneux de taverne que tu es ! Attends un peu que je t'attrape ! Je vais te poursuivre jusqu'à ce que tu perdes les semelles de tes souliers ! Canaille, tu ne vaux pas deux sous ! » Et il continua de pester, en débitant tout ce qu'il pouvait. Une fois qu'il se fut soulagé et qu'il eut épanché sa bile, il courut à la ville, chez le juge.
-Oh, là là, Monsieur le Juge ! Voyez comment un homme impie m'a dévalisé et m'a arrangé d'une belle manière en pleine rue. C'est à se fendre le coeur d'une pierre ! Mes habits déchirés ! Mon corps n'est que piqûres et égratignures ! Le peu de biens que j'avais a été emporté avec le sac qui le contenait ! Rien que des ducats, tous plus beaux les uns que les autres : pour l'amour de Dieu, faites jeter cet homme en prison !
-Est-ce un soldat qui t'a arrangé ainsi avec son sabre ? demanda le juge.
-Dieu me garde ! dit le Juif. Ce n'est pas une dague qu'il avait, mais une sarbacane sur son dos et un violon à son cou. Ce gredin n'est pas difficile à retrouver.
Le juge envoya ses gens à sa recherche. Ils retrouvèrent le bon valet de ferme, qui avait poursuivi son chemin lentement, et ils trouvèrent aussi sur lui la bourse pleine d'or. Quand on le jugea, il parla ainsi :
-Je n'ai pas touché ce Juif et je ne lui ai pas pris son argent. C'est lui qui me l'a proposé de son plein gré pour que je cesse de jouer du violon, parce qu'il ne pouvait pas supporter ma musique.
-Dieu me garde ! cria le Juif. Il ment comme il respire !
Le juge ne crut pas non plus ce que disait le valet et dit : « C'est une mauvaise excuse. Aucun Juif ne ferait ça. » Et il condamna le bon valet à être pendu pour avoir commis un vol en pleine rue. Quand on l'emmena, le Juif lui cria encore : « Fainéant, chien de musicien que tu es ! tu vas enfin avoir ce que tu mérites ! »
Le valet monta tranquillement sur l'échafaud avec le bourreau mais, parvenu sur le dernier barreau de l'échelle, il se retourna et s'adressa au juge :
-Accordez-moi une dernière grâce avant ma mort.
-D'accord, répondit le juge, si tu ne me demandes pas de te laisser en vie.
-Jamais de la vie, dit le valet. Je vous en prie, laissez-moi juste jouer de mon violon une toute dernière fois.
Le Juif se mit à crier comme si on l'écorchait : « Pour l'amour de Dieu, non, ne le lui permettez pas ! » Mais le juge répondit : « Pourquoi ne devrais-je pas lui laisser ce bref plaisir ? Je le lui accorde, et que les choses en restent là. » De plus, en raison du pouvoir qui avait été donné au valet de ferme, le juge ne pouvait le lui refuser. Quant au Juif, il cria : « Oh, là là ! Attachez-moi, attachez-moi bien fort ! »
Le bon valet de ferme décrocha alors son violon de son cou, le mit en place et, quand l'archet effleura les cordes une première fois, tout le monde se mit à vaciller et à chanceler, le juge, le greffier et les huissiers. Et la corde échappa des mains de celui qui devait attacher le valet. Au deuxième coup d'archet, tous levèrent les jambes, et le bourreau lâcha le bon valet et s'apprêta à entrer dans la danse. Au troisième coup d'archet, tout le monde sauta en l'air et se mit à danser, le juge et le Juif en tête, qui bondissaient plus haut que tous les autres. Bientôt, tous ceux que la curiosité avait attirés sur la place du marché dansaient eux aussi, jeunes et vieux, gros et maigres confondus. Même les chiens qui les avaient suivis se dressèrent sur leurs pattes arrières et se mirent à sautiller avec les autres. Et plus le valet jouait, plus les danseurs sautaient haut, si bien qu'ils se cognaient la tête les uns aux autres et qu'ils commencèrent à pousser des cris pitoyables.
Le juge cria finalement hors d'haleine : « Je te laisse la vie sauve, mais je t'en prie, cesse de jouer ! » Le valet se laissa convaincre, baissa son violon, l'accrocha de nouveau à son cou et descendit de l'échelle. Il s'approcha alors du Juif, qui était allongé à terre et tentait de reprendre son souffle et lui dit :
-Coquin que tu es, avoue maintenant d'où tu tiens cet or, sans quoi je reprends mon violon et je recommence à jouer.
-Je l'ai volé, je l'ai volé, cria le Juif, mais toi, tu l'as gagné honnêtement.
Le juge fit alors conduire le Juif à la potence et le fit pendre pour vol.
 
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FellLikeNiggaInJail

Crypto-villiériste
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"Pierre et le nègre" sans hésiter. Un jeune garçon qui grandit dans une ferme et qui prend la mauvaise habitude pour attirer l'attention de sa famille de crier "Au nègre" pour faire peur à tout le monde. Sa famille le dissuade de le faire, le sermonne, etc, mais c'est plus fort que lui, il ne peut réfrener son envie maladive de rameuter toute la famille et le voisinage en les prévenant d'un danger imaginaire... Nul ne trouvant jamais aucune présence de nègre à leur arrivée... Mais un beau jour....
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Bergoglio Diouf

Se sent plus excité par Adolf Hitler
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Bonjour,
Aujourd'hui, j'aimerais évoquer un pan de notre culture européenne tellement important que même les adultes gagneraient à les redécouvrir : les contes européens. Je me bornerai pour ce premier message à citer les trois (ou quatre, ça dépend comment vous voyez les choses) auteurs les plus connus, mais bien entendu libre à vous de compléter par la suite.

Charles Perrault : On ne sait pas forcément que les contes de Perrault ne sont qu'une portion infime de sa vie et de sa carrière, rédigée sur le tard. Il attribua la paternité des contes en prose à son fils Pierre.
Cela dit, tachez de trouver un beau recueil intégral, éventuellement agrémenté des illustrations de Gustave Doré. À titre informatif, et pour vous éviter d'acheter une édition tronquée alors qu'il y a déjà si peu de textes, les Contes de ma mère l'Oye sont les suivants :

EN VERS :
• Les souhaits ridicules
• Peau d'Âne

EN PROSE :
• La Belle au Bois Dormant
• Le Petit Chaperon Rouge (cette version devrait d'ailleurs être la seule à faire autorité, très honnêtement vous pouvez sauter celle des Frères Grimm, sauf à vouloir se livrer à un travail de comparaison)
• La Barbe Bleue
• Le Maître Chat ou le Chat Botté
• Les fées
• Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre
• Riquet à la Houppe
• Le Petit Poucet

À noter : La version de Peau d'Âne en prose que l'on peut parfois voir retranscrite n'est pas de Perrault ; et parfois les recueils incluent la nouvelle en vers Griselidis. Si ce n'est pas un conte à proprement parler, cette nouvelle de Perrault a tout-à-fait sa place dans un recueil de ses contes, donc il peut être intéressant d'essayer de trouver un recueil l'incluant.

Si je ne sais pas quelle édition des contes de Perrault pourrait faire autorité, c'est qu'il y en a trop et que celles en ma possession sont déjà trop anciennes pour être rééditées. Par contre je sais quoi vous dire pour les auteurs qui suivent, à commencer par un célèbre danois.

Hans Christian Andersen : L'homme a écrit des centaines de contes (principalement, comme tout le reste de son œuvre, dans l'objectif égocentrique d'être le plus connu possible, et il faut bien avouer qu'il a réussi son coup), et la solution la plus simple pour avoir une intégrale sous la main est non seulement onéreuse, mais n'est pas à mettre entre des mains trop enfantines. Il me semble pourtant important de recommander le premier volume des Œuvres d'Andersen à la Pléiade. La traduction très fidèle de chaque conte devrait faire autorité. On notera qu'une illustration de l'époque d'Andersen a été retenue pour chaque conte.

Les valeurs d'Andersen sont, dans le fond, très ancrées dans la foi chrétienne, et pour résumer sa pensée sur les juifs (parce qu'il en est bien question), ces derniers devraient très sérieusement arrêter et devenir chrétiens. Andersen est également très préoccupé par la question de l'après-vie. Si ces valeurs vous correspondent, Andersen est pour vous ; sinon, vous feriez bien d'opérer un premier tri avant de lire des contes à vos enfants.

Les frères Grimm : Même si je ne suis pas d'accord avec leur vision du Petit Chaperon Rouge, leur vision du Juif devrait en revanche rester dans les annales, et c'est pourquoi j'ai le plaisir de vous offrir, découpé en deux messages ci-dessous parce qu'il y a une limite de caractères, un extrait de leur œuvre, bizarrement non-publié de leur vivant (je me demande bien pourquoi, il est vraiment très bien ce conte) .

Les frères Grimm, en rédigeant leurs recueils de contes, n’avaient certes pas les mêmes objectifs qu’un Andersen ou qu’un Perrault. Eux sont allés à la recherche de la tradition, ont interrogé des conteuses et récupéré de leurs bouches le contenu qu’ils ont ensuite gravé pour l’éternité sur papier. Ce travail formidable leur valut d’ailleurs notamment une belle renommée dans la SS.
Il n'existe qu'une seule édition intégrale en un volume, aux éditions Corti ; traduction par Natacha Rimasson-Fertin.

Pour Andersen et pour les frères Grimm, il convient de rester prudent à quelle édition on touche, puisque bien souvent on trouvera des éditions tronquées ou adaptées, et ce genre de travail devrait très sérieusement être jeté au feu ou recyclé.

Bonus : Délectez-vous donc du magnifique ouvrage des « Fables de La Fontaine illustrées par des maîtres de l'estampe japonaise » ; si ce n'est pas un recueil intégral il faut au moins reconnaître l'immense qualité des estampes venant l'agrémenter.
Et si tu veux comprendre l'imaginaire freudien de nos amis les juifs et leur folklore à travers leurs contes :

Bruno Bettelheim
Psychanalyse des contes de fées

Issac Bashevis Singer
Une histoire du paradis et autres contes
Zlateh la chèvre et autres contes


Je te félicite camarade !
 

lucianus

Gauchiste en rémission
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Je conseille L'Odyssée d'Homère, qui est peu abordable pour les jeunes enfants; les histoires de cyclope peuvent impressionner avant 12-14 ans.

Sinon, s'il n'y avait qu'un livre, "les grands navigateurs" d'Alain Bombard. Où l'on apprend qu'Ulysse aborde les rivages du Rif marocain, peut-être, le pays de lotophages, qui mangent donc des feuilles qui les rendent agressifs (l'ancêtre du canabis). L'ouvrage explore l'hypothèse qu'Uysse est en fait sorti de Mediterranée pour passer au large de Madère, puis remonter jusqu'en Irlande. Pas du tout farfelu, qui l'Odyssée parle d'un pays où le jour dure plus longtemps, si bien qu'une personne travailleuse pourrait gagner bien plus d'argent.

Ce même livre raconte l'histoire de Pythéas, navigateur grec de - 300, partant de Marseille pour naviguer vers la Baltique, à la recherche de l'ambre. passionnant, il n'y a pas d'histoires scabreuses, mais pour 12-13 ans; l'histoire de Magellan est plus meurtrière, à éviter pour les contes.

Le récit de Tristan et Yseult et les romans courtois. toujours pour adolescents.
 

Obélix_125kg

Branleur sous pseudo
Membre
Dans plusieurs régions de l'est de la France, de même qu'en Bretagne, il est possible de trouver des recueils de contes et légendes locaux vraiment sympas.
Je pense qu'il en est de même pour les autres régions de France.

Je trouve assez chouette ici le fait de découvrir, ou se réaproprier le folklore local, et surtout le partager.
 

QuaranteQuatreBZH

Branleur sous pseudo
Membre
Dans plusieurs régions de l'est de la France, de même qu'en Bretagne, il est possible de trouver des recueils de contes et légendes locaux vraiment sympas.
Je pense qu'il en est de même pour les autres régions de France.

Je trouve assez chouette ici le fait de découvrir, ou se réaproprier le folklore local, et surtout le partager.
Voilà un camarade qui parle à mon cœur ! Je possède un merveilleux recueil de contes et légendes bretons et suis parfois admiratif devant l'inventivité de certains récits. À mon sens, il n'existe rien de plus pur, rien de plus celte et rien de plus aryen à la fois que l'histoire de l'hermine préférant être occise que de souiller sa blancheur immaculée dans un cours d'eau boueux. La blanche hermine, n'est-ce pas nous, vrais bretons, vrais celtes aux yeux clairs ? N'est-ce pas notre âme ? Et cette voluptueuse bête, n'est-elle pas un message adressé à notre peuple ? Il n'existe vraiment rien de plus beau, de plus blanc que le conte de la Blanche Hermine.
Je vous scannerai sans doute ce conte.
L'oiseau du monde et Jean Sans Peur sont également autant d'exemples de contes révélant toute la beauté et l'inventivité de nos vieux ancêtres bretons, ces touchantes gens si simples et si proches de la terre, mais certainement pas idiotes.

pour les enfants, il y a le Roman de Renard, qui date du moyen-âge
Je possède l'édition Pléiade du Roman de Renart, laquelle est la compilation la plus complète à ce jour. S'y trouvent les chants de troubadours originaux en bas de page, et la retranscription française. Il s'agit d'un condensé de débauche sexuelle parfois à la limite du grotesque, où Renart ne s'embarrasse pas de savoir si violer Hersent, la louve, par derrière avec la dernière des bestialités, relève ou non de la moralité ; est un traître, assassinant, noyant ici un innocent paysan de façon gratuite, arrachant là l'œil de Roonel ou d'Ysengrin, arrachant également les couilles de ce dernier, bouffant, crachant ; jurant avec la dernière des bouffonneries, florissant le roman de “fils de pute”, “putain” et autres joyeusetés moyen-âgeuses.

S'il est malgré tout une intéressante critique de la société féodale et parfois de son clergé corrompu, le Roman de Renart n'est certainement pas à mettre dans les mains de nos enfants, lesquels apprécieront plutôt toutes ces cocasseries vers l'âge de quinze ans.
 

Jean Valdiv

Gauchiste en rémission
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Merci pour vos informations, notamment "Contes de terre et de mer".

Je vous invite aussi à leur lire les contes grecs, la mythologie. Les enfants sont fascinés.

Vous avez aussi pour les plus petits "les histoires du Père Castor" qui reprennent un ensemble de contes populaires tradidionnels

Une référence, qui n'est pas un compte mais une petite histoire est "Jonathan Livingston, le goéland" de Richard Bach.
Une sorte d'hymne poétique et solaire de l'Übermensch... accès facile pour petits et grands !

Pour les plus grands, "le Seigneurs des anneaux" peut tout aussi être formateur.
 

QuaranteQuatreBZH

Branleur sous pseudo
Membre
Euh, on doit pas parler de la même version, 😄 😄 ma mère me lisait cela quand j'avais 8 ans et je n'ai pas de ces souvenirs là...
Tu sais, je n'ai aucune raison de te mentir là-dessus, les histoires originales de Renart en vieil occitan telles que relatées par des troubadours étaient truffées de crudeur, de propos paillards et de violence trop importante pour être destinées à un très jeune public. C'est largement documenté, et s'il est vrai que les textes sont étudiés en cinquième, ce sont souvent des versions expurgées ou réécrites pour les enfants.

La version que tu as connue devait justement être une de ces réécritures expurgées pour les enfants.

01.jpg02.JPEG
03.jpg04.JPEG

Et ces extraits que je te prends en photo ne sont qu'un mince aperçu de ce que le livre peut contenir de cochonneries et de scènes gores.
 

Méditer_et_Agir

Gauchiste en rémission
Membre
En terme de conte je mets l'oeuvre des frères Grimm sur un piédestal. J'ai encore à mon âge un grand plaisir à les relire. Dès mon plus jeune âge je me souviens toujours avoir été plus fasciné par les contes de Grimm que de Andersen par exemple. C'est surement dû à la simplicité de ceux-ci. Ils vont droit à l'essentiel. Les principes moraux de l'homme aryen y sont explicité de la manière la plus directe qui soit. C'est véritablement un exemple de la concision de l'aryen, on ne se perd pas en billevesées.
Si je dois conseiller un conte je citerais "le fidèle Jean" (Der treue Johannes):
 
Last edited:

Flipère

Gauchiste en rémission
Membre
Je collectionne depuis des années des recueils de contes en tous genres et de toutes origines, élevé que je fus par la revue Colibri qui en éditait deux par magazine.




Avec le confinement, ou l'école libre à la maison, ou les ateliers qui éveillent les nains autant qu'ils instruisent,
En plus de leur lire de belles histoires de nos pays, l'on peut les leurs faire jouer, fabrication des décors et costumes,
ou bien les interpréter en théâtre de marionnettes...

J'aime bien aussi ce livre de contes Scandinaves de Milos Maly 1976 que j'ai chiné dans quelque déchetterie...

 

QuaranteQuatreBZH

Branleur sous pseudo
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Je collectionne depuis des années des recueils de contes en tous genres et de toutes origines, élevé que je fus par la revue Colibri qui en éditait deux par magazine.




Avec le confinement, ou l'école libre à la maison, ou les ateliers qui éveillent les nains autant qu'ils instruisent,
En plus de leur lire de belles histoires de nos pays, l'on peut les leurs faire jouer, fabrication des décors et costumes,
ou bien les interpréter en théâtre de marionnettes...

J'aime bien aussi ce livre de contes Scandinaves de Milos Maly 1976 que j'ai chiné dans quelque déchetterie...

Magnifique trouvaille, je te remercie pour ce partage. 👍🏻

La revue Colibri m'intrigue, j'aimerais bien en trouver des scans. Ça a l'air top pour faire redécouvrir la belle culture européenne aux gamins, et ce confinement a effectivement été l'occasion de leur faire prendre conscience du patrimoine que leur ont légué leurs aïeuls et de les détourner des inepties négro-judéo-saxones, pour reprendre un terme bien célinien.
 

Flipère

Gauchiste en rémission
Membre
Magnifique trouvaille, je te remercie pour ce partage. 👍🏻

La revue Colibri m'intrigue, j'aimerais bien en trouver des scans. Ça a l'air top pour faire redécouvrir la belle culture européenne aux gamins, et ce confinement a effectivement été l'occasion de leur faire prendre conscience du patrimoine que leur ont légué leurs aïeuls et de les détourner des inepties négro-judéo-saxones, pour reprendre un terme bien célinien.
Cela datait où le jour de repos des enfants était le jeudi, c'est dire...
J'ai un vague souvenir, étant le plus jeune des cousins gardés par ma mamie, qu'en plus des contes magnifiquement illustré, il y avait des découpage à faire et autres articles éducatifs, qui malheureusement ne nous invitaient pas encore à s'instruire de la sexualité des LGBTQ+xyz !!!

J'ai pu en sauver quelques dizaines d'exemplaires en assez piteux état, et c'est une très bonne idée de m'inciter à les scanner ;)
 

Bergoglio Diouf

Se sent plus excité par Adolf Hitler
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Tu sais, je n'ai aucune raison de te mentir là-dessus, les histoires originales de Renart en vieil occitan telles que relatées par des troubadours étaient truffées de crudeur, de propos paillards et de violence trop importante pour être destinées à un très jeune public. C'est largement documenté, et s'il est vrai que les textes sont étudiés en cinquième, ce sont souvent des versions expurgées ou réécrites pour les enfants.

La version que tu as connue devait justement être une de ces réécritures expurgées pour les enfants.

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Et ces extraits que je te prends en photo ne sont qu'un mince aperçu de ce que le livre peut contenir de cochonneries et de scènes gores.
C'est comme pour Rabelais...on se fadait les versions expurgées....
 

Arlequin

Branleur sous pseudo
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Tu sais, je n'ai aucune raison de te mentir là-dessus, les histoires originales de Renart en vieil occitan telles que relatées par des troubadours étaient truffées de crudeur, de propos paillards et de violence trop importante pour être destinées à un très jeune public. C'est largement documenté, et s'il est vrai que les textes sont étudiés en cinquième, ce sont souvent des versions expurgées ou réécrites pour les enfants.

La version que tu as connue devait justement être une de ces réécritures expurgées pour les enfants.

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Et ces extraits que je te prends en photo ne sont qu'un mince aperçu de ce que le livre peut contenir de cochonneries et de scènes gores.
Je confirme, j'ai également cette version Pléiade.
 
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